La sexualité

Le système économique dominant actuel a des effets en profondeur sur les droits sexuels et reproductifs des femmes et sur les droits des LGBTQI — dont, mais pas seulement, la marchandisation du sexe, de la sexualité et du corps des femmes. Les périodes de crise économique conduisent souvent à une amplification des tentatives pour contrôler la sexualité et limiter un peu plus encore les droits et l’accès aux services de santé sexuelle et génésique, en particulier pour les femmes qui vivent dans la pauvreté et les autres groupes marginalisés. Les politiques économiques et de développement sont fortement genrées et hétéronormatives ; elles font partie des mécanismes sociaux de contrôle et de règlementation de la sexualité des gens. De façon prédominante, on associe généralement les intersections entre le registre de l’économie et celui de la sexualité à des problèmes, et on les réduit au travail du sexe, à la pornographie et au trafic. Cette vision étroite occulte des dimensions clés de la sexualité qui à la fois, affectent, et sont affectées par les systèmes et les relations économiques. Parmi ces dimensions il y a, par exemple, la prévalence du harcèlement et du flicage sexuel ou de genre sur les lieux de travail. Les nouveaux médias sociaux, en tant que propagateurs de l’exploitation et des stéréotypes liés à la sexualité et au genre, aussi bien que les sites qui prônent les expérimentations et les transgressions dans ce domaine. La façon dont les questions polémiques concernant la sexualité sont utilisées pour éclipser le débat public sur les politiques ou les pratiques économiques, par exemple, mettre en débat une politique restreignant les droits sexuels pour détourner l’attention d’accords commerciaux en cours de négociation, ou de la diminution des crédits alloués aux services sociaux. Le caractère limité des efforts pour faire face à la pandémie du VIH et du SIDA, les stéréotypes et la discrimination favorisés par certains programmes relatifs au VIH et au SIDA, et l’aveuglement en matière de genre de beaucoup des réponses données.

Que sont les économies du désir ? Par exemple, comment les médias grand public et la publicité ciblent-elles certaines couches de la population afin d’exciter leur désir et d’en tirer profit ? Quels sont les moyens efficaces de briser ce cloisonnement qui fait que la sexualité est tenue en dehors des débats sur l’économie et le développement ? Quelles stratégies développer pour faire avancer l’idée que la prise en compte des droits sexuels peut influer sur les politiques économiques à différents niveaux ? Jusqu’à quel point la dichotomie entre la sexualité et les politiques économiques a-t-elle un impact sur l’égalité entre les sexes et sur les droits des femmes ? Le cadre des droits sexuels peut-il être utile pour instruire la politique économique et celle du développement, pour que les politiques aient un peu plus comme focus le plaisir et pas uniquement le désagrément ?

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